Lâcher-prise, pas facile facile. Pour une entrepreneure, lâcher prise au travail c’est presque plus difficile que de le faire dans sa vie personnelle. Notre entreprise c’est notre vie et admettre que nous sommes trop accrochés c’est une grosse affaire.

J’ai pris une immense décision en rapport avec mon entreprise cette semaine. Comme j’ai promis de vous partager les hauts et les bas de ma vie, je vous explique mon cheminement vers cette décision, et ce qui s’en vient pour moi.

La décision

La décision de lâcher prise.

Bon, bien voilà. Je mets officiellement ma place dans l’entreprise sur pause. Par le fait même, mon partenaire d’affaires a décidé de faire la même chose. Ça me fait bizarre d’écrire ça. Cette entreprise a été ma vie pendant 2 ans, jour et nuit. J’ai travaillé d’arrache-pied et pour vrai, j’y crois vraiment. 

Je me dis que l’idée est toujours là. Elle est toujours bonne. L’entreprise opère dans le domaine du tourisme. C’est une entreprise Tech et nos coûts d’opération sont très bas, donc on a pu tenir le coup pendant longtemps avec la pandémie. Mais justement, tenir le coup c’est pas assez. Travailler à temps plein pour survivre n’a pas de sens, on a besoin de revenus et de traction.

Quand la pandémie a atterri sur le monde, on a changé notre fusil d’épaule et on s’est concentré sur ce qu’on pouvait faire à ce moment-là : des partenariats, du marketing digital, des incubateurs, des concours. N’importe quoi pour chercher le plus d’initiative possible dans la situation actuelle. On a exploré quelques pivots pendant l’été, mais rien d’assez prometteur pour arrêter nos activités avec le projet initial. 

On a fait ça jusqu’en octobre. Ou le premier lâcher-prise a eu lieu. Après avoir travaillé comme des fous depuis janvier, on ne voyait pas la fin. L’industrie du tourisme n’est pas à veille de revenir. On a donc pris une bonne respiration et décidé de réexplorer l’idée de pivot. C’est beau de travailler sur une entreprise, mais ça prend des résultats. 

On a donc trouvé une idée de pivot vraiment cool. Le problème, c’est que ça rejoignait juste un mini peu à notre idée originale donc ça implique énormément de changements à faire au niveau technologique. C’est là que survient le challenge numéro 2. Mon associé et moi ne sommes pas des fondateurs techniques et nous avons eu énormément de difficulté à trouver quelqu’un de disponible et dans notre budget pour nous aider. On a passé à peu près 4 mois à essayer de faire fonctionner ce pivot, sans succès. 

Ensuite, on a changé notre fusil d’épaule pour un autre pivot, mais celui-ci demande énormément de capital et beaucoup d’organisation logistique et bien franchement, je suis fatiguée. Fatiguée et tannée de pédaler dans le vide.

Donc en gros voilà. On fait une pause pour se concentrer sur d’autres projets.

Le cheminement mental du lâcher-prise au travail

Cheminement mental du lâcher-prise

C’était une décision très difficile à prendre pour plusieurs raisons. Premièrement, ça fait un petit bout que j’avais une mauvaise intuition en rapport avec ce projet. Mais mon gros défaut c’est que je ne m’écoute pas. Je suis têtue avec moi-même et je ne veux pas croire que j’ai raison. À cause de ça, je reste souvent vraiment longtemps dans des situations qui ne mènent nulle part et je perds mon temps. Cette année, j’ai décidé de suivre mes intuitions et d’arrêter de me battre avec moi-même. 

Donc malgré tous les red flags, je croyais quand même que j’allais pouvoir passer à travers et faire de ce projet une réussite. Lâcher prise au travail ce n’est pas facile. Que ce soit laissé aller une situation toxique au travail, certains collègues avec qui vous ne vous entendez pas bien ou d’un projet qui a flopé. Pour moi, c’était surtout de lâcher prise sur un projet qui me tenait à cœur, mais malheureusement voué à prendre plus de temps que prévu.

Je ne suis pas capable de lâcher. Le plus souvent, je m’acharne sur les choses jusqu’à tant qu’il ne reste plus aucune raison de rester dans un projet/situation. Une raison majeure pour mon hésitation à prendre cette pause, c’était le jugement. J’avais vraiment peur de découvrir ce que nos mentors, nos collègues et tous les incubateurs dont nous faisons partie allaient penser. C’est quand même des gens qui nous ont soutenus énormément et j’avais peur de les décevoir.

Aussi parce que j’avais l’impression de laisser tomber l’entrepreneuriat. Vous savez tous ceux qui disent : ceux qui persévèrent c’est ceux qui réussissent… par contre je crois qu’il est bon de savoir faire le discernement entre l’acharnement et la persévérance. Savoir saisir les bonnes opportunités c’est un talent. Mais savoir lâcher prise et arrêter de perdre du temps sur des opportunités qui ne mènent à rien, c’est important aussi ! 

L’après, qu’est-ce que je vais faire?

Les plans après le lâcher prise

Lâcher prise ça fait du bien aussi ! Je pense que c’est la première fois de ma vie que je n’ai presque rien à mon horaire. J’ai toujours eu 2-3 jobs en même temps en plus d’être à l’école. J’avais déjà décidé de prendre une session off de ma maîtrise cet hiver et techniquement je n’ai plus d’entreprise (à part bleulatte, of course ;)). Je suis donc libre woohooo !

Mon plan à ce jour c’est de prendre une petite pause bien méritée et de prendre le temps de décider ce que je vais faire. J’ai plusieurs idées de projets en tête donc j’ai bien hâte d’explorer tout ça et de faire quelque chose qui me ressemble. 

En tout et partout. Lâcher prise au travail ça fait du bien même si c’est difficile. J’espère que cette petite histoire vous aidera à laisser aller quelque chose auquel vous vous accrochez inutilement en paix.